Deux graines de star...
Dans la famille Kaulitz, la musique a un rôle essentielle, depuis que la mère des jumeaux Bill et Tom s'est remariée avec Gordon Trümper, guitariste d'un groupe de rock local et directeur d'une école de musique. Gordon les initie très tôt à la musique et Tom reçoit sa première guitare à l'âge de six ans. Bill, lui, est plus intéressé par l'écriture que part un instrument de musique. Plus tard, il essaiera bien de jouer du clavier mais il laissera vite tomber. Pour créer les instruments dont ils ne savent pas jouer, les deux frères utilisent le synthétiseur de leur beau-père. Ils enregistrent donc des rythmes de batterie et des lignes de basse et diffusent ensuite cet accompagnement en play-back tandis qu'eux jouent et chantent en direct. Le résultat n'est pas parfait mais Bill et Tom s'en moquent puisqu'ils s'éclatent comme des malades ! Et cela bien qu'ils n'aient pas les mêmes goûts musicaux ! Bill est plus attiré par des chanteurs comme David Bowie ou Nena (superstar allemande), alors que Tom préfère AC/DC et autres groupes de hard rock.
Devilish ou la naissance du groupe
A l'âge de neuf ans, les deux frères commencent à donner de petits concerts dans les fêtes de village et d'école. Ils acquièrent ainsi de l'expérience, ce qui explique l'assurance qu'ils ont face au public aujourd'hui ! Lors d'une de leurs représentations dans une salle de Magdeburg, ils sont remarqués par un musicien à peine plus âgé qu'eux, Gustav, batteur de formation. Impressionné par la démonstration des deux frères, il est également choqué par le fait qu'ils n'aient qu'une simple boîte à rythme en guise de batterie. Le lendemain il revient les voir avec son ami Georg qui lui est bassiste. Lors de la rencontre, le courant passe tout de suite et ils prennent la décision de former un groupe. Celui-ci s'appellera Devilish (démoniaque !). Dès lors, ils commencent à composer leurs tout premiers titres. Bill écrit les textes et Tom compose la musique. Les textes de Bill parlent de la crise d'adolescence, de la recherche d'identité, de la peur de l'avenir, de l'incompréhension du monde des adultes, de la rébellion face à un moule qu'on veut vous imposer... Un univers sombre et très réaliste pourtant ! Très vite, ils donnent leurs premiers concerts. Chaque week-end, les parents participent au transport des adolescents et de leur matériel vers le lieu de leur représentation. Leur groupe marche de mieux en mieux. Ils enregistrent à leur frais un CD qu'ils tirent à 300 exemplaires. Aujourd'hui, ce CD est un album collector très recherché par les fans de Tokio Hotel !
De la découverte à l'entrée chez Universal Music
En 2003, Bill, âgé de 13 ans participe à une émission allemande qui ressemble à la « Nouvelle Star » et bien qu'il n'en sorte pas gagnant, son assurance impressionne le producteur Peter Hoffman. Celui-ci décide donc de se rendre dans la ville (Magdeburg) où Bill et son groupe donnent la plupart de leurs concerts pour le voir sur scène. Là, il découvre le groupe et leur propose d'enregistrer une démo dans son studio. Hoffman fait appel à trois autres producteurs, dont David Jost qui lui aussi avait fait partie d'un groupe et ensemble, ils vont développer le talent du groupe, leur apprendre la technique de studio et développer le « son » Tokio Hotel, même si à cette époque il n'y a pas encore de nom officiel. Décidément Devilish, ce n'est pas fameux et ils doivent réfléchir à un nouveau nom qui leur correspond mieux, un nom à consonance allemande, bien sûr, puisqu'ils chantent en allemand ! En quelques mois, le groupe fait d'énormes progrès et enregistre une quinzaine de titres écrits en collaboration avec les producteurs dont douze figureront sur leur premier CD. Les producteurs contactent alors BMG, le géant allemand de l'édition musicale. Intéresé, il propose comme nouveau nom pour le groupe : Schrei (crie, hurle) mais à ce moment là BMG à d'autres priorités : sa fusion avec Sony. Le groupe attendra ! Alors Hoffman se tourne vers Universal Music qui lui n'attend pas et signe immédiatement ! BMG va le regretter pendant très très longtemps !
2005...naissance de Tokio Hotel
Pressés par leur maison de disque, le groupe se choisit enfin un nom : Tokio Hotel. « Tokio » parce que c'est une ville mondialement connue et qui les a toujours fascinés ! Le nom sera écrit à l'allemande, donc avec un i et non avec un y, et « Hotel » parce qu'ils passent beaucoup de temps dans les hôtels. L'association des deux mots formait un nom facile à retenir et prononçable dans toutes les langues. En 2004, ils avaient été remarqués sur une bande démo chez BMG par le rédacteur en chef de Bravo (revue allemande pour adolescents). A ce moment-là, le journaliste Alex Gernandt pressent déjà le tube avec les titres Schrei et Durch den Monsun. Il découvre l'originalité du groupe et flaire le coup médiatique. Mais pendant des mois, il n'entend plus parler d'eux et pense que le projet est tombé à l'eau (mais il se trompe !)
L'ascension fulgurante
Pendant l'été 2005, Gernandt est contacté par un responsable d'Universal qui veut lui faire écouter un nouveau groupe originaire de Magdeburg. Son contact n'en revient pas, quand Gernandt lui demande s'il n'y aurait pas des jumeaux dans le groupe. Comment pouvait-il connaître ces quatre ados encore inconnus ? Lors d'une rencontre avec eux, le journaliste leurs propose un marché : un lancement médiatique dans Bravo en échange de l'exclusivité des photos et des informations pendant quelques mois : ils acceptent. En juillet 2005, alors que personne n'a encore entendu parler de Tokio Hotel Gernandt fait paraître une demi-page et une photo du groupe. Immédiatement les lecteurs et surtout des lectrices veulent en savoir plus et un mois plus tard, Tokio Hotel fait la couverture de Bravo alors que leur premier single ne sortira que dans un mois. Les ventes de la revue sont impressionnantes. Lorsque leur premier CD sort dans les bacs, des dizaines d'adolescent(e)s se précipitent pour l'acheter. Le titre est propulsé en tête des ventes ainsi que l'album quelques semaines plus tard. En l'espace d'un mois, les Tokio Hotel sont passés du titre d'inconnus à celui de stars numéro un de la chanson en Allemagne ! L'Autriche, la Suisse et puis la France. Ils visent à présent le marché anglo-saxon avec des tires réenregistrés en anglais. Prochainement, ils s'installeront le temps d'une soirée à Forest National pour conquérir le public belge. On sera là !